OVIDIE & DIGLEE, Libres! Manifeste pour s'affranchir des diktats sexuels
Libres!
Manifeste pour s'affranchir des diktats sexuels
Textes : Ovidie - Dessins et couleurs : Diglee
(mai 2017)
Un ouvrage résolument féministe, qui met à mal tous les clichés que l'on peut avoir à propos de la sexualité.
Ovidie, ancienne actrice X, présente dans un petit préambule le but de cette bande-dessinée : présenter
"la seule certitude qu'il nous reste en matière de sexe : que nous sommes les seules décisionnaires de ce que nous faisons de notre corps, et que rien ni personne ne devrait jamais nous dicter notre conduite".
C'est un livre illustré qui s'adresse donc d'abord aux "femmes" et qui se veut en opposition frontale à des guides féminins censés "faire des femmes des amantes parfaites" et autres... "conseils" qu'Ovidie dénonce comme culpabilisants et oppressants. Néanmoins, je pense que sa lecture peut être utile (instructive et plaisante) à tous, finalement comme tous les ouvrages qui se présentent comme féministes.
Des clichés y sont déconstruits par chapitres, où textes et illustrations sont mêlés. Les chapitres sont relativement courts : 3 ou 4 pages. Il y en a 15. Le ton est cynique, drôle, franc. Les titres donnés aux chapitres sont souvent teintés d'ironie...
Elle questionne le sens et l'origine de ces clichés (pourquoi/comment telle pratique sexuelle devient tendance/"swag" -autrement dit stylée, par exemple!) et en montre l'absurdité. Ovidie n'hésite pas à parler à la première personne et à présenter son propre avis.
Elle prône une grande liberté : en termes de pratiques sexuelles, d'apparences, d'épilation etc. Elle évoque même le port de la Burqa (qui n'est pas directement lié à la sexualité en tant que tel, mais Ovidie explique qu'en tout temps, la femme n'a jamais été "correctement" habillée et que tout vêtement féminin est critiqué).
Ovidie insiste aussi souvent sur la notion de consentement (ce ne sont jamais des rappels de trop !).
La lecture de ce livre est donc assez encourageante.
Néanmoins, tout tout tout petit bémol, je l'ai trouvée un peu autoritaire. Certains chapitres se terminent par des injonctions "Revendiquez", "Arrêtez"... J'imagine que ce ton s'explique par l'honnêteté d'Ovidie, son envie de dépasser les oppressions, de nous en "libérer" au plus vite et aussi par sa colère aussi face à leur persistance.
Elle prône une grande liberté : en termes de pratiques sexuelles, d'apparences, d'épilation etc. Elle évoque même le port de la Burqa (qui n'est pas directement lié à la sexualité en tant que tel, mais Ovidie explique qu'en tout temps, la femme n'a jamais été "correctement" habillée et que tout vêtement féminin est critiqué).
Ovidie insiste aussi souvent sur la notion de consentement (ce ne sont jamais des rappels de trop !).
La lecture de ce livre est donc assez encourageante.
Néanmoins, tout tout tout petit bémol, je l'ai trouvée un peu autoritaire. Certains chapitres se terminent par des injonctions "Revendiquez", "Arrêtez"... J'imagine que ce ton s'explique par l'honnêteté d'Ovidie, son envie de dépasser les oppressions, de nous en "libérer" au plus vite et aussi par sa colère aussi face à leur persistance.
J'ai acheté cette BD suite à ma lecture des BD de Liv Strömquist, car j'avais à coeur de documenter encore ma conception du féminisme. J'avais aussi lu des articles concernant l'actualité d'Ovidie et ses prises de positions, que je voulais creuser d'avantage. Elle s'oppose notamment à la censure de la pornographie, qu'elle tâcle cependant pour toutes les normes oppressantes qui en découlent et aussi pour sa prolifération sur Internet et les sites Webs gratuits (qui viennent détruire le travail des acteurs et des réalisateurs un peu plus alternatifs) et prône une pornographie "féministe" où la place de la femme serait repensée.
Ovidie est aujourd'hui réalisatrice et journaliste et continue d'écrire des ouvrages (le dernier en date "A un clic du pire : La protection des mineurs à l'épreuve d'Internet"). On sent d'ailleurs un ton assez journalistique : des faits récents sont évoqués pour illustrer ses propos, on sent l'influence des réseaux sociaux (Twitter par exemple), elle parle du phénomène "Fifty Shades of Grey" très actuel (et encore pour un moment vu que d'autres films sont programmés). Ce ne sont pas des réflexions poétiques ou éthérées : Ovidie s'exprime en s'appuyant sur ce qu'elle observe, tangiblement.
J'ai aimé la lecture de ce livre bien qu'ayant déjà conscience de quelques oppressions. J'ai trouvé les illustrations très à propos et vraiment drôles. Les BD (qui terminent les chapitres, en une page) sont souvent très ironiques. La "représentation" est grande: on y trouve des personnes grosses, maigres, poilues, de couleurs de peau différentes, il y a des couples homos,... Tant mieux !
A lire.
C'est facile, c'est déculpabilisant, c'est engagé, ça fait réfléchir.

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